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    Au jeu de dame qu'importe le Roi.


    Chaque culture a ses jeux de guerre : les dame pour l'Orient, le go pour l'Extrême Orient, les echecs pour l'Occident.
    Ces jeux sont des indicateurs aussi fiables sur notre culture de la guerre et notre façon de mener le combat que les récits historiques des grandes batailles enseignés dans nos écoles. Les exemples sont très nombreux pour les 3 mais seuls les dames seront évoquées ici.

    Les principes du jeu de dame sont simples mais leurs utilisations réclament une grande subtilité.

    - Aux dames - à la différence des échecs et du go - c'est un désavantage de commencer, concéder l'initiative à son adversaire est donc de bonne politique.

    - Autre différence de taille, les dames sont basées sur le sacrifice des pions. Un joueur propose un pion à son adversaire afin que celui-ci le prenne. Sacrifier un pion permet de mener son ennemi précisément là où l'on veut qu'il soit. Une fois l'ennemi dans la disposition voulue, on peut ainsi frapper au coeur - aller à dame - en un seul élan.
    Il s'agit là du principe moteur de ce jeu, car il permet d'anticiper ce que fera l'adversaire en provoquant soit même la prise.

    Si l'Iran devait se faire attaquer sur son sol, il serait dans la position de l'agressé et pourrait alors se poser en champion du Moyen Orient. Mais vouloir être attaqué représente surtout 2 avantages concrets :

    1) L'Iran peut se permettre d'être extrêmement provoquant, puisque de toute façon c'est l'affrontement qui est recherché. Cette attitude est tout bénéfice : si la provocation n'entraîne pas de conflit alors c'est une preuve de plus de sa force et de la faiblesse de ses adversaires. Si la provocation est celle de trop, alors ...
    2) Au niveau intérieur, une intervention militaire sur son sol fera oublié la gestion catastrophique de l'économie d'Ahmadinejad et ses sbires : le gouvernement n'est pas populaire. Comment le pourrait-il avec un tiers de la population en dessous du seuil de pauvreté ? Si les iraniens ne connaissent plus le goût de la viande se sera de la faute à l'ennemi (et de manière beaucoup plus probante que des sanctions économiques) !
    Sur le plan extérieur, c'est l'opportunité pour Ahmadinejad de se présenter en champion des Croyants face aux Croisés, ce qui constitue une chance historique pour un état chiite de fédérer sous sa bannière des pays sunnites (ou du moins d'obtenir de leur part un soutient suffisant).

    En attendant la provocation de trop, ce choix stratégique de pousser à l'agression peut être développé de nombreuses manières.

     

     

    L'Irak, le repoussoir.

    Il est essentiel pour l'Iran que les Etats Unis n'arrivent pas à stabiliser l'Irak. Cela permettra de décourager toute proposition future de "protectorat" ou plus modestement de soutien militaire de la part des Américains. D'un certain point de vue, ces derniers ont toutes les cartes en mains puisqu'ils ont fait "table rase" de l'ancien régime. Plus ce qui se passera en Irak tournera mal - que ce soit à l'origine le fruit du sabotage d'initiatives faites par les Américains ou de simples civils Irakiens importent peu - plus le recours à une intervention occidentale sera considérée comme préjudiciable si jamais ce cas de figure devait se représenter à l'avenir.
    Pour cela l'Iran dispose d'un avantage : c'est un état chiite, et la minorité chiite irakienne persécutée sous Saddam devrait logiquement être accessible, voire manipulable.
    L'article "Des documents disent que l’Iran aide les milices en Irak" semble aller dans ce sens, bien qu'il souligne les tensions qui peuvent apparaître entre les chiites d'Iran et d'Irak.

    Entre manipulation iranienne, nostalgiques de Saddam et électrons libres intégristes, l'Irak a de quoi symboliser un repoussoir commode vis à vis de toute ingérence occidentale pour les années à venir.

    Israël, l'adversaire indispensable

    Les querelles internes disparaissent quand un ennemi exterieur surgit. D'un point de vue realpolitik l'existence d'Israël est du pain béni pour générer des tensions à volonté comme pour fédérer toutes les haines et toutes les craintes.
    Par des discours sans ambiguïtés sur le fait qu'Israël ne devrait pas exister (ou alors exister ailleurs), Ahmadinejad ne laisse aucun choix à Israel vis à vis du programme nucléaire iranien : si celui-ci se concrétise alors il y a menace directe sur l'existence de l'Etat d'Israël.
    Que cela tienne dans les faits ou pas, par ses déclarations le président iranien a ainsi cadenassé la perception d'Israël sur son dossier nucléaire. Il a alors beau jeu d'argumenter sur la légitimité d'un pays de se doter de la puissance nucléaire (surtout qu'Israël même la détient sans avoir demander son autorisation à quiconque), devant la menace inacceptable d'une bombe nucléaire iranienne, plus aucuns arguments - même les plus légitimes - ne peut être recevable pour les Israéliens. L'instauration d'un contexte qui rend une frappe israelienne sur son sol quasi-automatique le jour où le programme nucléaire iranien sera en passe de se concrétiser assure à l'Iran de pouvoir jouer le rôle de l'agressé quelque soit le jeu diplomatique de la communauté internationale.

    La Syrie, l'allié turbulent.

    Dans le jeu du "je t'aime moi non plus" les rapports entre l'Iran et la Syrie sont fascinants. Il y a énormement à dire sur l'historique et l'évolution des rapports qu'entretiennent ces deux pays. Mais de fait - avec l'ajout obligatoire dans l'équation si l'on veut comprendre quelque chose, du Liban et du Hezbollah - ce dossier est si complexe qu'il mérite au minimum un article à part.
    Je me limiterai à la question "qu'est ce que l'Iran aurait à gagner par rapport à la Syrie en cas de guerre avec l'occident ou Israël?" A ce niveau, les choses sont beaucoup plus claires et peuvent être enoncées de manière synthétique.
    Aujourd'hui la Syrie a le choix de ses orientations. En reconnaissant de fait l'existence d'Israël (condition sine qua none si elle veut un jour récupérer les plateaux du Golan) comme en soutenant le Hezbollah libanais (qui est un des outils majeur au service des Mollah), elle peut souffler le froid et le chaud avec tous les camps et intérêts en présence.
    Tantôt pays appartenant à "l'Axe du Mal", tantôt interlocuteur disposé à la négociation avec l'Occident, tantôt soupçonnée de vouloir avoir un programme d'arme nucléaire au meme titre que l'Iran, tantôt remarquée en train de négocier avec les Russes afin d'être moins dépendant de Téhéran d'un point de vue militaire comme énergétique...
    La Syrie est un allié indispensable à Téhéran, mais si cette région du monde devait s'apaiser, elle aura de plus en plus les moyens et les opportunités de s'émanciper.
    Une frappe sur le sol iranien à propos de son programme nucléaire ne pourrait que rappeller à la Syrie la frappe israélienne du 6/11/07 sur son propre territoire à propos d'un supposé "réacteur nucléaire en construction". La pression populaire et le vécu diplomatique entre des deux pays verrouillerait cette alliance de façon définitive et stable.

    Conclusion.

    D'un point de vue occidental, il devrait sembler normal qu'Ahmadinejad, et à travers lui le régime des Mollah, soit intimidé par la perspective d'une guerre sur son territoire, que cela soit le fait d'Israël ou d'une coalition : militairement une telle aventure serait suicidaire... partant de là il n'y a rien à gagner !

    Cet article invite à ne considérer non pas les conséquences militaires mais les bénéfices géopolitiques d'un tel conflit apporterait au gouvernement d'Ahmadinejad. Certes la population civile comme le tissu économique du pays en souffriraient. Mais en terme d'influence régionale, cela donnerait au régime des Mollah un élan suffisamment puissant pour esperer embraser tout le Moyen Orient sous sa bannière.

    Quelles pourraient être les conséquences concrètes d'une guerre avec l'Iran ? Quelles sont les capacités concrètes de nuisance de l'Iran envers ses ennemis ? Ces 2 questions feront l'objet d'un prochain article.

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