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    Iran et nucléaire militaire

    A première vue, la perspective d'un Iran détenant l'arme nucléaire ressemble à un cauchemar.
    Heureux hasard, les médias ont compris depuis longtemps que les histoires effrayantes font vendre, ne comptez donc pas trop sur eux pour dédramatiser la situation.

    Dans cet article - non pas que je trouve la perspective d'un Iran nucléarisée réjouissante - j'aimerai apporter quelques nuances sur la problématique du nucléaire iranien, nuances trop souvent occultées par des médias en mal de sensations fortes.

     

     

    4 bonnes raisons de refuser à l'Iran la bombe atomique.

    - Les déclarations tonitruantes d'Ahmadinejad sur l’existence de l’Etat d’Israël.
    Ces déclarations ont deux buts rarement évoqués dans nos médias : premièrement ses discours sont destinés à ses électeurs, mais aussi de manière plus générale à "l'homme de la rue" des gouvernements sunnites qui ont reconnu dans les faits ou dans leurs discours l'existence de l'Etat d'Israël. Par ses propos, Ahmadinejad marque des points en se désignant de fait comme "rempart" contre l'influence juive et occidentale, tout en faisant endosser par les dirigeants des royaumes des Etats Arabes Unis le costume inconfortable de collaborateurs.
    Enfin, cela permet à Ahmadinejad de contraindre à l'agression Israël si jamais il a besoin d'une guerre (cf Au jeu de dame qu'importe le Roi).

    - Soutien auprès organisations menant des actions terroristes, avec en tête le Hamas et le hezbollah.
    Impossible de le nier, mais au niveau de la fin et des moyens, nous ne sommes pas dans un film peuplés de méchants à l'américaine, qui font le mal pour le mal. Le terrorisme d'état est une arme politique, et l'Iran a toujours su s'en servir pour être pris au sérieux auprès de ses voisins comme des occidentaux. C'est parfaitement condamnable, mais comme levier d'influence politique "du pauvre", c'est tout à fait efficace.

    - Mensonge sur son programme nucléaire.
    Concrètement, impossible de le continuer autrement. Après la 1ere guerre d'Irak, l’Iran, malgré qu'il soit membre du TNP (Traité de Non-Prolifération), va être frappé d'un ostracisme (stratégie du "double endiguement" élaborée par les USA) qui a pour but premier de se prémunir des risques qu'il puisse mettre au point des armes de destruction massives. Toute acquisition technologique va devenir ainsi extrêmement difficile à obtenir. Ne reste alors que les voies détournées, comme l'utilisation des réseaux pakistanais d'Abdul Qader Khan.

    -Des initiatives provocantes.
    L'occupation de l'Iran des îlots d'Abou Moussa et des Petite et Grande Tombe au nez et à la barbe des Émirats Arabes Unis, obscurcit depuis 30 ans ses rapports avec ses voisins sunnites. L'ouverture récente de deux bureaux administratifs iranien sur l’île d’Abou Moussa ne peut être considérée que comme une violation des accords sur une administration conjointe de ce territoire.

     

    L'Iran, un état hostile ? Pas si sûr...

    Géographiquement, l'Iran est un îlot dans un océan sunnite sous influence occidentale. Cet environnement est de plus instable, composé de multiples factions qui sont autant de terrains favorables à une éventuelle balkanisation du Moyen-Orient sur une base confessionnelle (ce qui pourrait d'ailleurs très être un objectif à long terme des US). Considérer le programme nucléaire iranien comme un programme d'agression ne devrait pas être le seul angle d'approche de nos diplomates. Si il y a bien un consensus en Iran, c'est que le pays devienne une puissance nucléaire. Le contraste entre le soutien unanime au programme nucléaire iranien et la faible popularité du gouvernement qui le prône, met clairement en évidence le traumatisme de la guerre Iran-Irak et le sentiment d'isolement des Iraniens.
    A chaque fois qu'on assène que l'Iran veut avoir une bombe atomique pour s'en servir, c'est toute une population qui aspire à sa sécurité qu'on insulte.

     

     

    Empêcher l'Iran d'obtenir la bombe nucléaire est une mission quasi impossible.

     

    Le veto chinois

    Les sanctions économiques n'ont toujours pas fait leurs preuves. Certes ces sanctions pourraient être amplifiées jusqu'à devenir insupportables pour le pays. Mais c'est jouer avec le risque concret de pousser l'Iran à la guerre, ce que ne pourrait tolérer la Chine.
    La Chine a aujourd'hui des besoins énergétiques de plus en plus conséquents pour supporter sa croissance, et patierai de manière particulièrement catastrophique de la hausse du prix du pétrole que provoquerait un conflit au Moyen Orient.
    Cette hausse serait bien sûr inévitable : les monarchies du golfe sont en effet vulnérables à des attaques iraniennes visant leurs installations pétrolières et gazières. L'Irak pourrait être poussée à une instabilité encore plus grande et ses installations pourraient être attaquées par des cellules déjà sur place. Le détroit d'Hormuz, itinéraire maritime par lequel transitent les deux cinquièmes de l'approvisionnement quotidien en pétrole dans le monde, pourrait être facilement perturbé, voir bloqué.
    Enfin, sans même parler de conflits, l'Iran est le deuxième producteur de pétrole de l'OPEP et à ce titre, Téhéran a un argument solide pour déclencher un veto chinois au Conseil de Sécurité si des mesures extrêmes contre ses intérêts venaient à être proposées.

     

    Le champ d'action limité des Etats Unis.

    Même si les US avaient la ferme volonté d'attaquer militairement l'Iran en "se limitant" à la destruction de son infrastructure d'enrichissement d'uranium, il n'est pas certain qu'ils aient les moyens d'assouvir cette ambition.

    - L'Irak est un "bourbier" qui pèse déjà lourdement sur les finances US. Obama, qui s'est servi du retrait des troupes comme argument électoral ainsi que d'une économie plus centrée sur les citoyens américains, auraient du mal à justifier l'engloutissement de milliards de $ dans une nouvelle aventure militaire. Aventure militaire qui s'avérerait de plus certainement beaucoup plus coûteuses en soldats tués au combat.
    Une intervention en Iran serait forcement très impopulaire en Amérique.

    - Une attaque aéronavale appuyée par des missiles de croisière et des raids aériens serait moins coûteuse en terme de pertes américaines, mais le programme nucléaire iranien n'a rien de commun avec un Osirak ou une usine perdue au fond du désert syrien : celui-ci est délocalisé et en général très profondément enfoui. Seul l'utilisation de "mininukes" obtiendrait peut être des résultats probants, mais on parle carrément ici d'une violation du tabou nucléaire. Une utilisation présentée comme normale d'armes nucléaires seraient à mon sens une catastrophe aussi considérable en terme de prolifération nucléaire mondiale que le risque régulièrement dénoncé de propagation "d'armes sales" en cas de réussite de l'Iran de son propre programme nucléaire.

    - Une hausse drastique des hydrocarbures, en plus d'être fatale pour l'économie des pays en forte croissance comme la Chine comme dit plus haut, serait aussi désastreuse pour les économies occidentales et asiatiques développées. En fait, seuls les pays producteurs de pétrole pourraient s'épargner à court terme les conséquences d'une telle crise. Ou autrement dit, à ce jeu tous les pays, à l'exception pendant quelques temps des producteurs de pétrole, seront perdants.

    - L'Iran est certes isolé au milieu d'un océan sunnite avec l'Arabie Saoudite en tête, dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'éprouve guère de sympathie à son encontre. Cependant une agression militaire américaine sur son sol et il y aura unanimité pour la considérer comme une agression militaire contre l'Islam dans son ensemble. Les modérés arabes n'auraient pas d'autre choix que de suivre les réactions certainement explosives de la Rue, sous peine de se voir considérer comme des collaborateurs de l'agresseur.

    - Conséquence directe, des opérations terroristes pourraient avoir lieu sur le continent américain et l'Europe, et ce sans qu'aucune coordination ne soit particulièrement nécessaire.

    Les germes d'une troisième guerre mondiale pourraient alors poussés librement.

     

    Nos opinions publiques s'illusionnent en pensant qu'une frappe militaire soit la solution efficace.
    Il faut donc absolument trouver des solutions en amont.
    L'équation pourrait être relativement simple : à chaque fois que les tensions se font plus fortes au Moyen Orient, le gouvernement iranien - via les discours de son leader comme des actions du Hezbollah - marque des points. Réduire ses tensions est une tâche ardue mais pas impossible : le Liban et la Syrie ont laissé entendre qu'ils pourraient être ouverts à des négociations, et donc de manière implicite à la normalisation avec Israël. Une reprise des négociations avec les palestiniens, une levée des sanctions économiques sur les territoires, pourraient être le prélude d'un nouveau dialogue et de d'une levée progressive des sanctions envers l'Iran.
    Il ne faut pas oublier que la vaste majorité des Iraniens, comme les habitants de tous les pays du monde, ont comme préoccupations prioritaires de gérer les soucis du quotidien. Une évolution positive du climat diplomatique et une reprise économique devraient rendre l'opinion publique iranienne plus souple, et effriter son soutien envers l'intransigeance iranienne vis à vis de son programme nucléaire.

     

    En conclusion, même si l'Iran détenait l'arme nucléaire, il est peu plausible que cela constitue une menace sérieuse sur Israël, à moins de prêter foi aux pulsions eschatologiques quelques peu caricaturales du président iranien. En effet, une attaque nucléaire sur Israël déclencherait l'anéantissement de l'Iran par une riposte nucléaire israélienne.
    Le fait qu'une telle menace soit rendue crédible par les discours même d'Ahmadinejad doit moins être prise comme une menace directe du président sur Israël que comme des déclarations purement démagogiques envers l'homme de la rue du monde arabe. Il ne faut pas oublier que la course au titre de "champion du monde arabe" aux yeux du monde musulman grand public, même s'il pousse à une surenchère dangereuse dans les discours et les faits, est l'objet d'une concurrence acharnée entre au moins 3 protagonistes : le leadership saoudien, le Guide iranien et le réseau Al-Qa'ida.

    L'arrogance appelle l'arrogance, et en fin tacticien Ahmadinejad en use et en abuse. Partant de là une normalisation de la Syrie, du Liban, un consensus entre israéliens et palestiniens, semblent être des moyens plus efficaces d'isoler et à terme de faire fléchir le président iranien que des discours va-t-en-guerre ou volontairement dramatiques de nos diplomates. Car à ce petit jeu, c'est Ahmadinejad qui continuera à mener la danse, et le monde ne pourra qu'observer impuissant l'inévitable accession de l'Iran au rang de puissance nucléaire.

     

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