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Hypothèses d'une troisième guerre mondiale"Sanctions are economic warfare, not economic diplomacy."
[J'ai choisi les éléctions présidentielles iraniennes de Juin 09 comme cadre d'une crise susceptible d'entraîner une 3ème guerre mondiale, c'est un choix plausible, sans plus.
Janvier-Avril 2009L'année a pourtant commencé sous de bons augures : la côte de popularité d'Ahmadinejad dans son propre pays n'a jamais été aussi basse. Caricaturé par les étudiants, ses discours enflammés tournés en
dérision par ses propres concitoyens, le peuple iranien semble de plus en plus las des fanfaronnades d'un président qui a réussi l'exploit ahurissant de dilapider les énormes apports de devises générés par
le pétrole.
Avec la Syrie qui s'oriente progressivement vers la négociation avec Israël dans la perspective de récupérer les plateaux du Golan, l'Iran se trouve aussi de plus en plus isolé sur le plan extérieur. Certes, Chine et Russie - le premier par dépendance énergétique et le second par intérêt géopolitique - lui épargnent un durcissement trop sévère des sanctions économiques; mais avec un président américain afro- américain qui a Hussein en deuxième prénom et dont le père était musulman, les discours anti-américains du président iranien qui avaient jusqu'ici été plutôt bien accueillis jusqu'aux populations du Golfe, ne parviennent même plus à embarrasser les dirigeants des Royaumes.
Mai 2009Le dernier rapport de rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) fait l'effet d'une bombe, et pour cause.
L'Iran conteste catégoriquement bien sûr, personne - ou si peu - ne sait qu'une grande partie du rapport de l'AIEA a pour origine des "fuites" orchestrées par le Guide et Ahmadinejad, afin de pousser Israël à la guerre. Ce plan a toujours été une option. A l'origine le rôle d'Ahmadinejad était de faire monter les enchères, quitte à être remplacé par un dirigeant plus modéré pour la suite des négociations. Mais devant son
succès : une Europe qui ne fait rien, des sanctions économiques qui masquent les choix budgétaires catastrophiques du gouvernement, et l'impact de ses positions auprès du monde arabe, le Guide a décidé de le
garder un mandat de plus malgré la pression populaire (après tout, les Haute sphères du pouvoir ne sont-elles pas appellées ainsi car elles sont complètement déconnectées des préoccupations quotidiennes des
populations qu'elles dirigent?). Un phénomène récurent dans l'histoire iranienne, c'est que quand le pays est attaqué, le peuple fait front commun autour de son gouvernement. Quand Saddam Hussein déclencha la guerre contre l'Iran en 1980,
il pensait visiblement profiter du chaos qui régnait alors dans le pays : le régime révolutionnaire de Khomeini avait commis de nombreuses purges dans les rangs de l'armée, et son emprise demeurait
incertaine. Mais quand Saddam lança son invasion, pensant donc bénéficier de la faiblesse et de la confusion du pouvoir iranien et de son incapacité à déclencher une mobilisation suffisante, ce fut plus de 100 000
volontaires qui se dirigèrent vers la région du Khuzistan pour faire face aux envahisseurs. Avec le recul des années, la thèse des historiens comme quoi le gouvernement de Khomeini survécu non pas malgré l'attaque de Saddam, mais grâce à elle, est aujourd'hui communément admise.
Juin 2009
Sans surprise, les élections du 12 juin en Iran plébiscitent un nouveau mandat pour le président sortant Ahmadinejad. Il faut dire que les déclarations d'Israël comme quoi si ce dernier était réélu, une
frappe de leur part serait inévitable, a pesé lourd sur la balance. En fin tacticien, Ahmadinejad a su profiter au maximum du crédit que lui apporte les menaces israéliennes pour se poser en figure
emblématique de la resistance arabe face à "l'influence sioniste et occidentale".
Juillet - Aout 2009Devant les provocations de plus en plus agressives du président iranien, Israël attaque unilatéralement les installations nucléaires iraniennes. Des troupes iraniennes passent la frontière avec l'Irak et l'Afghanistan afin de renforcer les groupes plus ou moins organisés contre la coalition. Le tabou nucléaire a été violé par l'usage de mini bombes atomiques contre les bases souterraines iraniennes, le Moyen Orient s'est polarisé au delà des voeux les plus fous des extremistes dans un Djihad contre les "croisés", laissant les modérés arabes sur la touche. La Russie s'ingère au grand jour dans les politiques intérieures des pays du Caucase, l'équilibre diplomatique précaire entre les 3 puissances nucléaires Inde - Chine - Pakistan vole en éclat sous la pression des tensions mondiales qui s'accumulent. Alors le monde atteint un point de non retour à partir duquel le pire devient possible.
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